Home Idées-débats Les Tizi-hibéliens et l'élection présidentielle en France. VOTE LE 23 AVRIL

Les Tizi-hibéliens et l'élection présidentielle en France. VOTE LE 23 AVRIL

L’imminente élection présidentielle préoccupe naturellement les citoyens que nous sommes. Chacun s’interroge sur l’issue du scrutin qui déterminera pour les cinq années à venir la politique de la France. Cette question nous concerne en tant que collectivité de plus de mille cinq cent villageois kabyles que les circonstances ont conduit à s’installer dans ce pays et à s’y fondre progressivement. Il est de notre responsabilité, en la circonstance, de vouloir influer sur le scrutin de ces prochains jours pour soutenir, autant que faire se peut par notre vote, la personnalité susceptible de promouvoir un avenir meilleur à nous-mêmes et à nos enfants.

Pour conforter cette démarche, il est utile d’examiner, même succinctement, les programmes et perspectives dont les principaux candidats aux présidentielles  sont porteurs. Parmi les 11 candidats en lice on s’intéressera uniquement aux cinq candidats d’où sortira probablement le futur Président.

Commençons par M. Fillon, le candidat du Parti de droite « les Républicains ». Chacun sait combien sa candidature est controversée au sein même de l’électorat de droite, eu égard aux « affaires » dont il est affublé. En dépit de son exemplaire ténacité, son programme « une volonté pour la France » à peu de chance d’en faire le prochain chef d’Etat de la République française.

Pour ce qui nous concerne, les mesures restrictives contenues dans le programme de Mr Fillon « pour rompre avec le laxisme actuel et doter la France d’une véritable politique d’immigration réduite » offrent peu de perspectives favorables aux couches populaires auxquelles, majoritairement nous appartenons

Intéressons-nous à M. Hamon, le candidat du Parti socialiste, ou plus précisément d’une fraction du Parti socialiste, les ténors de ce parti ayant rejoint les rangs du nouveau venu de l’échiquier politique, M. Macron.

Le projet phare de Monsieur Hamon est d’instaurer « le Revenu Universel d’Existence » dont neuf millions de ménages, soit 19 millions de personnes pourraient bénéficier. Concernant le fonctionnement actuel de l’Europe, Mr Hamon se prononce pour un changement de la façon dont les décisions sont prises au sein d’une instance verrouillée par le Conseil des Ministres des finances ou le Conseil des chefs d’Etats. Il propose d’introduire une « Assemblée démocratique de la zone Euro » qui s’appuierait, à titre principal, sur des députés nationaux issus des différents parlements en proportions des groupes politiques et de la population de chaque pays. Cette configuration pourrait transformer radicalement les modalités de prise de décision et modifier ainsi les rapports de forces entre pays. Dans ces conditions, l’Allemagne acceptera-t-elle d’être mise en minorité ?

En dépit d’une mobilisation certaine, on a pu constater un recul progressif du parti de M. Hamon dans les sondages, favorisé sans doute par les distorsions d’un parti socialiste éclaté et déserté par nombre de ses ténors.

En dernier ressort Monsieur Hamon se rallie à Jean Luc Mélanchon. Il appelle ses partisans à voter pour le candidat de la « France insoumise » au second tour.

Qu’en est-il de M. Macron ?

C’est le candidat inattendu qui a fait une irruption spectaculaire sur la scène politique. La rumeur dit que c’est l’homme de Holland, le discret président de la République encore en poste, mais pas candidat à sa succession, et aussi de la baronnie du PS qui a rejoint illico le nouveau venu.

Toujours est-il que M. Macron à immédiatement occupé l’espace médiatique et endossé l’image de marque d’un candidat atypique qui espère rassembler derrière lui autant les électeurs de gauche que ceux de droite. Ils sont déjà nombreux et de presque toutes obédiences partisanes à se rallier au nouveau Messie.

Profitant de la complaisance des principaux médias, M.Macron se pose comme l’élu providentiel en dépit d’un programme électoral dont on peut apprécier l’orientation tant il s’annonce déjà comme fortement inspiré de la mondialisation capitaliste. Actuellement M.Macron est bien placé dans les sondages. Il est sans doute fort utile qu’avant le scrutin chacun soit informé à minima de ses inquiétantes intentions dont celles-ci :

Privatisation totale des entreprises, défense de la directive travailleurs détachés, soutien inconditionnel aux accords de libre-échange, extension du travail les dimanches et les soirées, fin du principe de précaution, réduction des normes (alimentaires entre autres), poursuite du dépeçage de la loi travail avec suppression des références légales, Ubérisation de la société, etc….

Et de Madame Le Pen ?

La chef de l'extrême droite française Marine Le Pen, présidente du Front national depuis 2011, est candidate à l’élection présidentielle.

Son programme a, en réalité, peu varié. Elle propose une négociation et un référendum sur l’appartenance à l’Union européenne, elle est pour la sortie de l’Euro, elle veut inscrire la « priorité nationale » dans la Constitution, elle veut supprimer le droit du sol, etc…

Son principal cheval de bataille reste l’immigration avec son chapelet de mesures restrictives du genre :

-Mettre en place la "priorité nationale" et instaurer un délai de carence de deux ans pendant lequel les étrangers ne peuvent prétendre à aucune aide sociale.  -Supprimer le droit du sol ainsi que la double nationalité extra-européenne.

-Rendre impossible la régularisation ou la naturalisation des étrangers en situation illégale.

A noter que les sondages placent régulièrement Mme Le Pen en tête du premier tour de l’élection.

Le favori Jean Luc Mélenchon. La France insoumise.

Le programme de la France insoumise porté par jean Luc Mélenchon est certainement le plus élaboré de la compétition électorale en cours. Il se distingue clairement de ses concurrents, autant par ses objectifs que leur mise en œuvre, qu’il s’agisse du programme de Mme Le Pen, de celui de M. Fillon, le candidat de la Droite, ou encore de celui de M. Macron, l’ancien conseillé de Hollande, adepte du capitalisme mondialisé.

Ce programme a été préparé durant plusieurs mois de travail collectif. On peut dire qu’il s’agit d’un projet de société qui révolutionnera radicalement la gouvernance de la France telle qu’elle a été conduite par les gouvernements qui se sont succédés depuis 1958.

On n’évoquera ici que deux positionnements phares significatifs de la révolution en perspective.

La France insoumise, c’est le nom du projet, se conçoit d’emblée comme une rupture avec la cinquième République, résolument au service du Capital. Cela implique l’abolition de la monarchie présidentielle actuelle et son remplacement par une instance qui mette fin au péril écologique, au désastre social et au délabrement de la démocratie qui caractérisent la réalité présente.

Cette instance, c’est le peuple souverain qui doit définir lui-même ses règles de fonctionnement politique. Pour cela, il sera institué une assemblée constituante chargée de rédiger une Constitution fondatrice d’un nouveau régime, la Sixième République, qui sera soumise au référendum populaire pour approbation.

Une autre préoccupation concerne les traités européens imposés par l’Union européenne aux partenaires. La « France insoumise » refuse le dictat de la Commission européenne et propose une stratégie de gouvernement en deux temps avec un plan A et, en cas d’échec un plan B. Le Plan A, c’est la sortie concertée des traités européens par abandon des règles existantes pour tous les pays qui le souhaitent et la négociation d’autres règles.

Le plan B, c’est la sortie unilatérale des traités européens par la France selon le principe : l’UE, on la change ou on la quitte.

Dans cette dernière hypothèse, il est prévu de mettre en œuvre les dispositions suivantes. Stopper la contribution de la France au budget de l’Union européenne ( 22 Milliards d’Euros par an)

Réquisitionner la Banque de France pour transformer l’Euro en monnaie commune et non plus unique.

Mettre en place un contrôle des capitaux et des marchandises aux frontières pour éviter l’évasion fiscale des plus riches et des grands groupes et se protéger des attaques spéculatives.

Le mandat de validation de ces plans sera soumis au préalable à l’Assemblée nationale. La validation de ce processus passera nécessairement par une décision du peuple français par référendum.

A ce jour du 13 avril 2017 et d’après les officines spécialisées dans les sondages, l’issue du scrutin, si près de l’échéance, demeure incertaine tant le nombre des abstentionnistes est inhabituellement élevé. Nul doute que la dislocation spectaculaire des troupes des deux principales formations politiques ( Parti socialiste et Les Républicains), l’émergence du candidat fourretout, Macron aux contours multiples et incertains, le tout combiné à l’immixtion dans la compétition « d’affaires » mettant en cause la probité de certains candidats, nul doute donc, qu’une telle situation ne suscite l’adhésion massive et enthousiaste des citoyens. Il n’est par conséquent pas exclu qu’un tel contexte se révèle exceptionnellement favorable au changement radical proposé par le candidat Melanchon.

 

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